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Nouveaux StressTests :
Issue Number 456

Nouveaux StressTests :

Les Banques Européennes sont-elles solides face aux crises ?

Dix ans après la crise immobilière et financière américaine et la

faillite de la banque d’investissement Lehman Brothers, La Banque Centrale Européenne (BCE ) et l’Autorité Bancaire Européenne (ABE) ont voulu tester encore une fois les nerfs des banques européennes face à des scénarios des crises. La plupart de ces banques ont encaissé le choc.

Le stress test est devenu nécessaire chaque deux ans pour les grands établissements bancaires, (surtout après la crise en Zone Euro éclatée en Grèce en 2010), en exposant leurs bilans à des scénarios économiques très dégradés pour vérifier leur capacité de résistance.

Début novembre 2018 l’ABE a rendu public les résultats du test basé sur double hypothèse :

Une profonde récession

Un « hard » Brexit (la sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne UE).

Cet exercice n’a pas atteint complètement son objectif malgré l’annonce de l’ABE que les banques européennes ont des bilans nettement plus solides qu’il y a quelques années, du fait d’un certain nombre de mesures imposées par les régulateurs pour les obliger à renforcer leurs fonds propres.

l’ABE et la BCE se sont dites satisfaites des résultats des banques de l’UE aux tests de résistance qui mesurent leur capacité à encaisser une sévère récession dans l’Union suite à une dure crise économique et financière.

Les Stress Tests ont été menés sur 48 banques de l’UE, dont six banques Françaises les plus grandes (Société Générale SG,  BNP Paribas, Crédit Agricole CA, Crédit Mutuel CM, Banque Postale BP, Banques Populaires Caisses d’Epargne BPCE).

Les banques françaises s’en sortent mieux, mais la SG est en bas de classement à 7.61%.

Les banques britanniques ont obtenu les moins bons résultats.

Malgré les résultats bas pour certaines banques, aucune sur les 48 banques testées n’est tombée sous le ratio Plancher de fonds propres durs soit 5.5% au minimum de CTE1 (Common EquityTier 1) « fully loaded » défini par les régulateurs dans ces stress tests avec un scénario d’une sévère récession accompagnée de turbulences sur les marchés.

Après l’ABE, la BCE s’est également félicité de ces résultats concernant les 33 banques de la Zone Euro, qui représentent 70% des actifs bancaires de celle-ci.

Selon la BCE « Ces 33 banques sont les plus grandes dans la Zone Euro et directement supervisées par elle. Ces banques et elles ont amélioré leur capacité de résistance aux chocs financiers depuis 2017. En dépit d’un scénario adverse plus sévère que lors de l’exercice 2016, le ratio CET 1 moyen de ces 33 banques, au terme d’une période de trois ans de tensions s’élève à 9.9%, un niveau supérieur au chiffre de 8.8% obtenu il y a deux ans ». En plus, la BCE a souligné qu’elle avait déjà testé, plus tôt en 2018, les 4 banques grecques qu’elle supervise avant la fin du programme d’aide à la Grèce.

Il faut signaler que le ratio agrégé de CTE1 de toutes les banques ressort à 10.1% en 2020 en cas de scénario extrême. En ce qui concerne les banques françaises, ce sont les mutualistes qui ont les meilleurs résultats.

Le groupe Crédit Agricole a un ratio de 10.21% dans le scénario extrême en 2020, le groupe BPCE de 10.68%, le Crédit Mutuel remporte le meilleur score à 13.18%, la BNP Paribas vient quatrième dans le classement avec 8.64% avant Banque Postale et la Société Générale vient dernière avec 7.61%.

Nous constatons dans les résultats de stress tests que les banques scandinaves ont obtenu des très bons scores entre 19% et 22%.

* Quant aux banques britanniques elles ont souffert. Barclays notamment fait figure de dernier de la classe et affiche un ratio CET1 de 6.37% dans le cas du scénario extrême. Mais elle reste tout de même au-dessus de 5.5 % (le ratio plancher). Lloyds Banking fait un peu mieux à 6.8% alors que la Royal Bank of Scotland tire le résultat pour lui avec un ratio de 9.92% et dépasse HSBC (la plus grande européenne par les actifs et la capitalisation boursière). HSBC réalise un ratio de 9.18% de fonds propre.

Il faut noter que l’autorité bancaire européenne a infligé aux banques britanniques un traitement de choc spécifique censé révéler l’effet d’un « hard »Brexit (les conséquences de la sortie de la GB de l’Union Européenne. Le test propose un scénario d’un PIB du Royaume-Uni qui recule de 3.3% en cumulé, entre 2017-2020 contre une baisse de 2.7% infligée à l’Union Européenne.

Notons aussi que la Banque Centrale Britannique publiera ses propres « Stress Tests » en Décembre 2018. Selon la Banque d’Angleterre les banques britanniques peuvent absorber l’impact du scénario extrême de l’autorité bancaire européenne l’ABE.

* Les banques italiennes qui ont subi ces dernières années la pression d’une crise de dette et de difficulté de financement.

On note la Banco BPM de taille moyenne qui ressort avec un ratio assez médiocre de 6.67%. La Monte dei Paschi qui souffre de créances douteuses et qui a obtenu les plus mauvais résultats en 2016 et d’autres petites banques comme lui n’étaient plus concernées par le test cette année.

Parmi les plus grandes banques italiennes soumises à ce test on note Indesa qui réalise un ratio de 10.4% et Uni Crédit avec 9.34% comme CET1.

* Les banques allemandes qui ont subi le stress test, le pire résultat est réalisé par Nord Deutsche Landesbank qui voit son ratio de capitaux propres tomber à 7.07% alors que Commerzbank a réalisé

Un ratio de 9.93%. Entre les deux on trouve Deutsche Bank qui a réalisé un résultat de 8.14%. Cette banque suscitait des craintes après trois pertes annuelles consécutives.

 

Conclusion

Le Stress test de 2018 s’est veut plus sévère par rapport à 2016. Il a vu l’arrivée d’une nouvelle règle comptable IFRS 9 qui oblige les banques à intégrer plus vite à leur bilan des pertes probables sur des crédits ou autres actifs financiers à risque.

Cette règle doit contraindre les banques à détenir davantage de fonds propres. De son coté , l’ABE a souhaité appliquer des règles plus strictes sur les créances douteuses, les éventuelles amendes que les banques seront amenées à payer et les turbulences de marchés comme choc à encaisser par les établissements de l’Union Européenne.

Selon le vice-président de la BCE « Les banques avec des ratios de fonds propres durs inférieurs à 9% dans le scénario extrême (la plupart françaises et anglaises et allemandes) présentent une position de capital plus faible, bien qu’encore satisfaisante ». Pour lui « ces banques en nombre de douze devraient accroitre leur solidité et renforcer leurs positions de capital pour faire face aux défis à venir et seront en conséquence surveillées attentivement » a-t-il ajouté. Selon la BCE, les établissements avec un ratio compris entre 9 % et 11% affichent une capacité de résistance « raisonnable » et représentent 45% des actifs du secteur. Vu les résultats du test 2018, la BCE invite les douze grandes banques concernées qui obtenu un résultat en dessous de 9% à renforcer leur bilan. Parmi ces banques on trouve les deux françaises BNP Paribas et SG et l’allemande Deutsche Bank.

Ces trois plus grandes banques d’investissement de la Zone Euro, pourraient devoir répondre à une question de 11 milliards d’euros de la part des autorités de supervision.

Ce montant correspond à une somme totale que ces trois banques devraient lever selon leurs résultats si la BCE décidait d’appliquer un nouveau seuil d’exigence en termes de fonds propres, plus élevé, évoqué à la suite des tests effectués cette année.

D’après ces résultats et commentaires et malgré le fait que les banque de la zone sont plus résistantes aux chocs macroéconomiques, Il est primordial que les régulateurs renforcent beaucoup plus la solidité des banques européennes pour faire face à des concurrences de plus en plus forte à l’extérieur de l’Union Européenne et pour éviter aussi de nouvelles crises qui peuvent toucher l’économie réelle, surtout que l’économie de la Zone Euro montre de signes de ralentissement, que les marchés financiers sont en proie à des turbulences et que les valorisations boursières des banques de la Zone Euro sont déjà faibles.

Mazen Hammoud

Economiste et analyste financier - Paris

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مجلة الاتحاد - العدد 464 تموز / يوليو 2019
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