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Dollar et Bourses : Quelles perspectives après les turbulences financières de Février 2018 et la bombe commerciale provoquée par D.Trump.
Issue Number 448

Dollar et Bourses : Quelles perspectives après les turbulences

financières de Février 2018 et la bombe commerciale provoquée par D.Trump.

Les bourses mondiales ont clôturé l’année 2017 sur une note positive suite à l’euphorie des investissements dans les actions et les obligations, pendant que le dollar variait d’une semaine à l’autre dans le sens dispersés à cause de l’hésitation de la Réserve Fédérale des Etats-Unis (FED) concernant la politique monétaire qui dessine le taux d’intérêt.

La bourse de New York a réalisé en 2017 un taux de transaction positif qui a atteint 25 % pour le Dow Jones et 30 % pour le Nasdaq. Cette réussite sur le marché financier américain avait de conséquences positives aussi pour l’Europe et pour l’Asie.

Après un début solide de transactions en Janvier 2018, les bourses mondiales ont soufflé le chaud et le froid la semaine du 5 Février après une forte baisse sur Wall Street la plus importante depuis l’élection de Donald Trump à la maison blanche en Novembre 2016. Ce recul de 6 intervient après deux semaines d’un sommet historique atteint par la bourse américaine.

Les grandes places boursières européennes (Paris, Francfort, Madrid, Milan, Londres ont subi cette vague de perte en Amérique et ont perdu 4 % en moyenne. Ces bourses n’étaient pas les seules. Les bourses asiatiques ont subi aussi une forte baisse allant de 7 % à la bourse de Tokyo à 10 % pour la bourse de Shanghai.

Les éléments de cette baisse et le geste attendu de la banque centrale FED.

La forte baisse que Wall Street a connue en Février dernier reflète l’inquiétude des investisseurs face aux scénarios d’une hausse probable des taux d’intérêt américains et la perspective globale de la fin des politiques douces de la (FED). La bourse américaine a dévissé aussi à cause de la bulle réalisé au cours de semaines de spéculations sur fond d’amélioration de l’économie. Mais les investisseurs se sont soudainement inquiétés d’une possible accélération de l’inflation et donc d’une remontée plus rapide que prévue des taux d’intérêts, surtout que le taux de chômage américain a enregistré une baisse surprise pour atteindre 4 % (son niveau le plus bas depuis plus de 40 ans).

La réaction des marchés a envoyé un message que la bourse américaine est, vraiment, entrée dans une période de correction pour retrouver les vrais valeurs des actions et que la phase haussière est terminée au moins en attendant de décisions de la réserve fédérale. A surveiller aussi la conséquence de la politique fiscale américaine sur les entreprises et leurs bénéfices après les allègements. Il faut prendre en considération aussi l’accélération de la croissance qui provoquera, certes, un retour rapide de l’inflation qui pourrait changer la donne pour les marchés financiers et aussi pour les banques et leurs politiques de d’octroi de crédit. Autre élément qui peut avoir de conséquences sur la situation du marché est celui de la situation politique très tendue entre la coré du nord et les Etats-Unis malgré l’annonce d’un probable sommet entre les deux pays prochainement. On peut aussi s’attendre à des conséquences que peuvent avoir les élections de mi-mandat cette année quand la concurrence entre républicains et démocrates va s’éclater et le retour de celle-ci sur les marchés financiers. Donc la situation sur les marchés financiers américains et ses conséquences sur les places boursières dans la planète est à surveiller notamment parce que les prix des actions sont trop élevés et les obligations sont particulièrement chères. Cette situation s’est nourrie d’un taux d’intérêt bancaire très bas depuis des années malgré des petites hausses décidées par Janet Yellen l’ancienne présidente de la Fed remplacée par le républicain Jerom Powell qui devrait s’inscrire dans la continuité de Yellen, notamment, sur les questions de régulation bancaire.

Yellen, démocrate nommée par l’ancien président Barak Obama, a poursuivi la politique monétaire de son prédécesseur Ben Bernanke qui a géré la crise de subprime et elle a respecté les consignes du président afin de permettre une belle relance de la première économie sur la planète, surtout dans la politique monétaire à pas mesurés avec de rachat de dettes des banques avec une politique plus strictes dans les banques dans le domaine de crédit afin de connaitre les bons clients des mauvais.

Cette politique de restreindre le crédit n’est plus accepté par le nouveau président américain Donald Trump, d’où l’inquiétude du marché vis- à -vis de cette politique et récemment la bombe commerciale que le président Trump a jeté sur le marché mondial en décidant de taxer l’importation de 10% sur l’aluminium et de 25 % sur l’acier pour préserver l’industrie nationale et l’emploi dans ce domaine.

Cette décision a changer la direction du dollar vers le bas pendant un certain temps et restera aussi exposé à toute nouveauté car la guerre de l’acier de Trump prélude à une guerre de change qui a poussé, pour certains experts, la direction à la maison blanche à une course aux dévaluations compétitives. Revenons sur la politique monétaire, beaucoup d’investisseurs attendent pour voir et beaucoup d’expert considèrent que c’est trop tôt pour s’aventurer dans l’espoir. Mais une chose est sûre, le nouveau patron de la banque centrale américaine qui a pris son poste début Février dernier a soutenu sans discontinuité la politique de madame Yellen.

La nouvelle direction de la FED (établissement indépendant) envisage clairement d’accélérer le rythme de ses hausses de taux après un taux d’intérêt proche de Zéro pendant 7 ou 8 ans après la crise de subprime.

Théoriquement, une hausse de taux ne peut être que bénéfique pour le dollar dans le sens haussier. Mais elle va rendre les exportations trop chères avec un dollar fort. Le problème n’est pas seulement question du taux d’intérêt. Il est aussi élément de réflexion car Jerom Powell n’est pas copie conforme de son prédécesseur. Il est partisan d’un allègement des contraintes de la loi Dodd Frank de 2010 à l’époque du président Obama, encadrant les activités des institutions financières, il a évoqué aussi la possibilité de savoir la «règle Volker » qui interdit aux banques de réaliser des transactions pour leur compte propre.

Avec les perspectives nouvelles de la maison blanche entre l’enlèvement des barrières devant le crédit bancaire et la baisse des impôts et la politique monétaire de la FED orientée vers une hausse des taux, on peut dire que les marchés ne savent plus sur quel pied danser. Nous constatons aux Etats-Unis aujourd’hui deux directions économiques qui s’affrontent. D’une part la FED vise des taux d’intérêt plus élevés alors que d’autre part, un président américain qui ne veut pas d’un dollar fort pour ne pas briser les exportations et en même temps imposer des taxes sur certains produits importés. Entre ces deux destinations contraires, l’avenir du dollar c’est l’incertitude d’un point de vue politique. Même si la monnaie américaine joue la baisse et la hausse d’un jour à l’autre, ces derniers mois, suite à des déclarations controversées sur le marché. Pour que le dollar trouve son vrai chemin il faut une politique cohérente entre le pouvoir à la maison blanche et le pouvoir indépendant de la FED dans l’intérêt de l’économie américaine.

 

On se demande où va le dollar, où va le marché ?

Tant que les taux des obligations continuent d’augmenter, les indices boursiers peuvent baisser encore et le dollar peut en profiter pour monter. Mais attention. La banque centrale européenne BCE n’a pas dit encore son dernier mot. L’économie européenne si elle continue de s’améliorer cette année avec un taux d’inflation comme voulu par la BCE (2% en moyenne) les taux européens peuvent bouger de presque de Zéro actuellement vers des niveaux plus haut. A ce moment là, l’avenir du dollar ne restera plus dans les mains des américains qui profitent actuellement du statut quo à la BCE. L’euro aura donc son mot à dire.

Par ailleurs, la décision américaine sur les taxes imposées à l’importation de l’aluminium et l’acier, que la chine menace de représailles, aura également son impact sur la monnaie américaine et sur les mouvements des marchés financiers.

Mazen Hammoud

Analyste économique et financier

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مجلة الاتحاد - العدد 464 تموز / يوليو 2019